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En 1777, cinq promoteurs achètent un terrain appartenant à l'archevêché de Paris et situé entre la rue de la Pépinière (aujourd'hui rue de La Boétie), la rue du Colisée, la rue du Roule (rue du Faubourg Saint-Honoré) et le Grand Cours ou Chemin des Champs-Élysées (avenue des Champs Élysées). C’est un terrain marécageux, sur le Grand Égout de Paris, qui vient d’être voûté. Sans doute y entre-t-il une part de spéculation : la parcelle est une enclave dans le « fief d’Artois », racheté et loti par le frère du roi.

Cet immense terrain est plusieurs fois loti, et sur la partie qui leur revient, Thiroux de Montsauge et Le Boursier bâtissent un hôtel qui semble achevé en 1781. Par acte du 16 février 1785, après divers partages des terrains, ils sont reconnus propriétaires d’un terrain « de 600 toises ½ de superficie sur lequel ils ont fait construire un hôtel faisant l’encoignure de la rue d’Angoulême et du grand chemin des Champs-Élysées. »

 +Au cours de la visite de chantier du 7 novembre 1777 sont produits les plans suivants. Seul subsiste aujourd'hui l'hôtel (encadré de rouge). La disposition des pièces est restée inchangée jusqu'en 1926. La rue de la Boétie est au bas ; les Champs Élysées en biais, à droite. (Archives nationales)

 D’emblée, il est envisagé un hôtel de prestige. Qu’il suffise d’évoquer, sur le plan d’origine, la présence de cinq petits cabinets attenants à la chambre à coucher : un boudoir, une salle de bain, une garde-robe, un cabinet de toilette… et une « anglaise », comme on nommait alors les water-closet. Luxe rare en France, qui s’explique sans doute par la présence de l’égout voûté longeant la construction. On entre dans l’hôtel par la rue d’Angoulême. Un large portail donne accès à une cour bordée de communs : il y est prévu deux remises pour huit voitures et deux écuries comprenant seize stalles.

 +Cette gravure de la grille de Chaillot, publiée dans la Description historique de Paris (1779-1784) d'Edme Béguillet, montre probablement l'hôtel Thiroux de Montsauge (encadré en rouge) à peine achevé (Droits réservés).

 Pourquoi un administrateur des Postes a-t-il bâti un hôtel aussi riche, qu’il n’habite pas ? Sans doute pour le louer. La légende veut que l’hôtel ait servi de « foie » au frère du roi, le comte d’Artois*, puis au duc de Richelieu-Fronsac*, qui finit par l’acheter en 1787.

La rue de la Pépinière sera successivement appelée chemin de l’Égout , chemin du Roule, rue Neuve d’Angoulême, rue de l’Union (Révolution et Empire), rue d’Angoulême (Restauration), rue de la Charte, puis Neuve d’Angoulême (Louis-Philippe), rue de l’Union (1848), rue Neuve d’Angoulême (Empire), rue de Morny (1865), rue de la Commune (Commune), rue de Mac-Mahon (après 1871), rue Pierre Charron... et enfin rue La Boétie (16 août 1879) !

 Des photos de l'hôtel sur les Champs Élysées ont été prises par Eugène Atget au début du XXe siècle. Elles sont visibles sur le site de la Bibliothèque Nationale.

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