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François Emmanuel est né à Fleurus en Belgique. Après des études de médecine, il s’intéresse d’abord à la poésie et au théâtre (adaptation et mise en scène). Un séjour de plusieurs mois au Théâtre Laboratoire de Jerzy Grotowski sera déterminant pour la suite de son travail d’écriture. Après la publication de Femmes Prodiges en 1984, il vient progressivement à l’écriture romanesque. S’ensuivent depuis 1989 des romans tels La Passion Savinsen (Prix Rossel) et La Question Humaine traduite dans dix langues et qui a fait l'objet d'une adaptation cinématographique (réalisation: Nicolas Klotz). François Emmanuel partage aujourd’hui son temps entre l'écriture et son métier de psychothérapeute. Il est membre depuis 2004 de l’Académie de Langue et de Littérature françaises de Belgique. Il a notamment publié :

L' enlacement, roman, Seuil, 2008.

Les voix et les ombres, Lansman, 2007.

Regarde la vague, roman, Seuil, 2007.

Partie de Chasse, théâtre, Actes Sud-papiers, 2007.

Là-bas, Editions Esperluète, 2006.

Bleu de Fuite, roman, Stock, 2005.

Le Vent dans la maison, roman, Stock, 2004.
Réédition chez Le Livre de Poche, N°30724

La lente mue des paysages, poèmes, La Renaissance du Livre, 2004.

Un bateau de croisière sur un fleuve africain majestueux, une insurrection armée, des touristes nantis pris en otage…, derrière ses couleurs de carte postale, le rêve change soudain de visage.

Dès lors, comme écrasée par une chaleur de fournaise, la phrase suit les méandres interminables d’un fleuve de mort et la belle histoire s’obscurcit sous les ténèbres de nuits de plus en plus opaques. Les jours s’enchaînent, le paysage paraît d’un calme souverain mais, à bord, une angoisse sourde déchire les âmes. Peur, cynisme, arrogance et racisme, mais aussi, incompréhension, fragilité humaine et désarroi des Occidentaux qui se croyaient les plus forts…, dépouillés de leurs certitudes et contraints de s’extraire d’eux-mêmes, les personnages révèlent leurs vrais visages. La lucidité du narrateur s’altère. Comme le paysage environnant, le temps se fige sous la brûlure du danger, l’image se fractionne, le suspense tâtonne puis se tend, et le lecteur se débat dans le piège d’un huis-clos infernal dont la réalité ne cesse d’osciller entre le réel et le fantasmé.

Venant après une quinzaine de romans, tels que La question humaine récemment porté à l’écran par Nicolas Klotz et Regarde la vague, livres tour à tour graves ou légers écrits pour la plupart à la première personne, Jours de tremblement est un récit envoûtant. François Emmanuel y poursuit le cheminement d’une œuvre qui, nous inoculant avec ténacité « les visions » de son auteur, se fond désormais à notre imaginaire, là où notre propre conscience du monde défaille.

 

Alain Absire (juin 2010)

 

 

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