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Alain Absire, président de la SGDL

Etre écrivain, aujourd’hui…

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© Muriel Berthelot

Chers amis, chers Confrères,

Merci d’être présents pour apporter ensemble une réponse à la question que nous nous posons : que signifie «être écrivain» en 2008 ? Dans quels projets, dans quelles actions, individuelles et collectives, dans quelles implications nous reconnaissons-nous aujourd’hui ? On entend chuchoter ici et là, que, toutes disciplines confondues, les créateurs seraient… dépressifs. Ou plus exactement que, sans statut social clair ni reconnaissance, ils seraient atteints par le syndrome de la défaillance identitaire qui frappe celles et ceux qui, coupés de leurs racines et leurs idéaux, ne trouvent plus leur place dans la société.

À ce qu’il paraît, le livre serait de moins en moins «visible», et, oubliant l’essence de ce qu’il est, l’écrivain, dont la fierté serait en berne et dont la voix ne porterait plus au-delà de sa rue ou de son quartier, serait en voie de dissolution. A l’heure où d’aucuns voient les auteurs de livres en perte de contact politique, et en cours de marginalisation économique, sociale et médiatique, quel espace nous reste-t-il pour être, à l’image des générations de romanciers, poètes, essayistes qui nous ont précédés, les précurseurs et les acteurs de l’évolution de notre Société ? Réinsuffler inspiration et vigueur à notre implication dans le processus socio culturel actuel, revenir au coeur de notre vocation de «passeurs de rêve, de savoir, de valeurs et de liberté», et redonner son sens et son impact à l’oeuvre digne de ce nom…, tels sont les objectifs de ces deux journées d’échanges, de rencontres et de débats publics.

Qu’est-ce qu’un écrivain qui s’engage aujourd’hui, et dans quel but s’y risque-t-il ? Quelles armes possède-t-il pour se faire entendre, alors que les médiateurs traditionnels du livre, éditeurs, libraires, bibliothécaires, mais aussi journalistes, éducateurs et travailleurs sociaux, sont eux-mêmes fragilisés, et comment peut-il peser sur le cours des événements et l’évolution des idées, face à l’extension d’un espace virtuel souvent déstructurant ?

Autrement dit, que signifie pour nous être militant ? Comment pouvons-nous retrouver assez de poids intellectuel, d’anticonformisme et de dynamisme créatif, dans un monde où les repères collectifs sont de plus en plus confus, et où l’imaginaire est de plus en plus standardisé ?

Comme nous l’allons voir, face à de nouveaux usages de création, de lecture et de diffusion, les pistes, et les solutions existent. De nouveaux réseaux, modes de partage et de transmission générationnelle se développent et nous offrent des chances inédites d’être au coeur du processus d’éveil et de désir qui cimente notre identité culturelle. À travers ces thématiques, c’est bien le sens culturel, éducatif, et à certains égards politique, que nous entendons donner à notre travail d’écriture et au partage qu’il doit générer, qui est en cause.
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