LOGO SGDL TV
NOUS SUIVRE

Vincent Monadé
Président du Centre national du livre

Mesdames, messieurs, chers amis, bonjour. Merci de m’accueillir.

Lorsqu’il a été créé en 1946, le Centre national du livre avait pour seule mission, les auteurs. Aujourd’hui, le Centre national du livre traite l’ensemble de la chaîne du livre. J’en suis à titre personnel ravi, mais je crois aussi que dans la globalisation de l’ensemble de la chaîne du livre, clôturé à mon sens par la loi Lang en 1981, et du fait que nous sommes tous interdépendants, les auteurs ont été oubliés. Les auteurs qui nourrissent la chaîne, qui créent la chaîne, qui font la chaîne se sont retrouvés les années passant les derniers conviés à la table des discussions et des négociations, et je crois que c’est pour beaucoup lié aux auteurs eux-mêmes. Je pense que l’absence de structuration de la profession a beaucoup contribué à cet isolement progressif des auteurs. Certes, il s’agit d’un métier par nature solitaire, néanmoins, lorsqu’on veut porter des débats devant les pouvoirs publics, il faut une action collective. Cette action collective, les éditeurs et les libraires s’en sont dotés : pour les auteurs, je vois des choses se créer aujourd’hui et cette réunion en est la preuve, mais nous sommes encore loin du compte. Lorsque les auteurs de BD ont fait la grève d’une heure à Saint-Malo il y a 15 jours, nous avons eu un premier mouvement, mais nous parlons d’une grève d’une heure. C’est un premier mouvement qui a été très suivi et qui a été approuvé, y compris par certains éditeurs, Guy Delcourt notamment a pris publiquement la parole pour dire qu’il soutenait ses auteurs engagés dans ce mouvement. Aux États-Unis, lorsque l’Union des scénaristes décide de faire une grève, il n’y a plus une ligne de scénario qui va en direction de tous les producteurs de contenus aux États-Unis. Je crois à la nécessité d’une structuration d’un mouvement fort et durable des auteurs, le CPE, la SGDL, grâce à leurs représentants ont aidé à cette structuration, mais nous n’en sommes encore qu’aux prémices. Pour ma part, je rêve d’un syndicat des auteurs dans ce pays et je serais tout à fait prêt à accueillir la réunion de formation de création d’un syndicat des auteurs en France. Non pas pour faire la guerre aux éditeurs ou pour faire la guerre aux libraires, mais nos métiers vont globalement mal. Nous sommes dans une crise civilisationnelle, tant que le basculement entre l’ère de Gutenberg et l’ère du numérique ne se sera pas complètement opéré, nous serons dans un entre-deux extrêmement difficile. Les Chinois ont un dicton qui dit : « Puissiez-vous vivre des temps intéressants », je pense que nous sommes dans « des temps intéressants ». Cette structuration ne peut pas se faire contre, elle doit se faire avec et ce doit être la base de la négociation.

Quand je dis que nos métiers vont mal, je dis aussi que les éditeurs ne vont pas bien et que dans les années qui viennent cela ne va pas s’arranger. Nous avons pensé que 2013 était l’annus horribilis et que 2014 serait mieux. En fait non, 2014 n’est pas mieux, c’est même plutôt moins bien. Certes, nos métiers résistent mieux que d’autres, il n’y a pas d’effondrement. En Espagne le chiffre d’affaires du livre en cinq ans, c’est moins 35 % ; nous, nous perdons régulièrement 2,5 - 3 % par an. nos métiers ne vont pas bien, et lorsque nous parlons des revenus des auteurs, il faut l’avoir en tête. Ces revenus – si nous voulons penser un peu l’avenir –, vont évidemment passer par le numérique, ce qui veut dire que le combat du numérique sera un combat essentiel à conduire et à mener pour vous, notamment sur la rémunération au pourcentage, mais aussi, à mon sens sur la rémunération brute, c’est-à-dire à l’Euro. Il ne faut pas uniquement penser en termes de pourcentages, il faut aussi être capable de raisonner en revenus minimums liés à une création par rapport à son prix de vente, un revenu brut à l’Euro. Mais cela veut dire que tant que cette mutation numérique ne se sera pas opérée, cet entre-deux fait que notre marché moyen du livre baisse en touchant essentiellement le milieu de chaîne. Vous le savez tous, c’est cette partie-là qui s’effondre. Les auteurs extrêmement confidentiels qui vendaient peu, quand bien même ils étaient de très grands auteurs, sont restés sur de très petites ventes. Les auteurs de best-sellers, au contraire ont vu eux leurs revenus s’accroître, parce que le phénomène de « bestsellerisation » s’est encore accru, il s’y est même ajouté un phénomène de « long-sellerisation » qui fait qu’un livre qui vit en best-seller vit beaucoup plus longtemps qu’avant en best-seller et d’une certaine façon tue la possibilité d’accès d’autres livres, et ça, ni vous ni moi n’y pouvons rien, c’est le choix des lecteurs. En revanche, ceux du milieu de chaîne qui faisaient auparavant entre 5 000 et 8 000 ventes, vendent beaucoup moins et ils doivent se réinventer en tant qu’auteurs en prenant d’autres travaux, mais c’est une réaction à un effondrement de milieu de chaîne qui n’est pas une solution pérenne et durable.

Je crois que nous pouvons agir face à cela et je vais m’y employer au Centre national du livre, notamment par le biais de la communication autour du livre. Nous souffrons cruellement d’une concurrence entre les loisirs et nous sommes ceux qui communiquons de très loin, le plus mal. Nous ne savons pas communiquer sur le plaisir que peut incarner la lecture, nous en sommes incapables. Nous avons laissé la lecture aux mains de l’Éducation nationale, ce qui est très bien, mais vous reconnaîtrez avec moi que l’Éducation nationale, pour vendre la lecture plaisir n’a pas forcément ce qu’il faut en magasin. Or nous avons laissé ce combat-là, nous l’avons abandonné, personne ne communique sur le plaisir du livre. On communique parfois sur un livre, un éditeur peut parfois mettre l’accent sur un livre. Je crois que l’un des enjeux pour nous et pour la rémunération des auteurs c’est d’agrandir l’assiette, c’est de récupérer de nouveaux lecteurs, c’est d’amener ceux qui sont de petits lecteurs à devenir de moyens lecteurs, c’est d’amener ceux qui sont de grands lecteurs à lire encore plus et à les maintenir puisqu’année après année, les études nous montrent que nous les perdons.

Le deuxième enjeu à relever – et vous l’avez largement évoqué dans la table ronde précédente –, est celui de la concertation globale entre les auteurs et les pouvoirs publics. Ce point renvoie à mon introduction : plus les auteurs seront structurés, plus ils seront forts pour peser dans une concertation globale avec les éditeurs, avec les pouvoirs publics. Il s’agit là d’un enjeu essentiel parce que s’il n’y a pas d’auteurs forts, évidemment la décision se fera à leur détriment. Il n’y a pas de contre-exemple dans l’histoire de la négociation salariale où le partenaire le plus faible est sauvé par les partenaires les plus forts, cela n’existe pas. Or les auteurs ont vraiment du pouvoir, parce que sans eux il n’y a pas de création.

La représentante d’Amazon que vous avez reçue a parlé de ce miroir aux alouettes qui nous ferait penser que nous pourrions nous passer des éditeurs pour éditer. Aujourd’hui, on vous vend l’idée d’un modèle numérique se passant des éditeurs qui permettrait aux auteurs d’être rémunérés jusqu’à 50 % de la valeur du livre. Formidable ! Mais cela ne doit concerner que 10 à 15 auteurs dans le monde qui pourraient, en effet, négocier des droits avec Amazon à 50/50, les autres seraient évidemment, une fois la disparition des éditeurs consommée, les premières sources de profits pour Amazon et donc les premiers sacrifiés. C’est-à-dire que ce qui arrive à Hachette aujourd’hui avec des demandes de négociations inacceptables pour un éditeur se retournerait vers les auteurs un jour. On leur dirait : « On vous proposait 30 %, mais maintenant ça va être 10 % et comme nous sommes le seul mode de diffusion qui reste, vous serez obligés de céder. »

Je crois que ce type de mythologie du livre numérique vente directe de l’auteur via l’éditeur peut marcher pour quelques-uns. Je suis obligé de constater qu’il y a des exemples en autoédition qui fonctionnent, mais ces exemples sont infinitésimaux par rapport à la masse d’auteurs et de livres produits, et donc ils ne peuvent pas faire école. Je crois beaucoup à la rémunération des auteurs par ce que j’appelle les droits accessoires – je sais que ce n’est pas le terme exact –, c’est pour cela que j’ai décidé qu’au CNL les festivals soutenus devront rémunérer leurs auteurs, c’est un minimum. Cela pose évidemment un problème à certains festivals, nous allons faire une commission avec la SGDL et avec les festivals de façon à voir comment nous pouvons aider à cette mise en oeuvre. Lorsqu’un auteur intervient autrement qu’en dédicace, s’il intervient sur une table ronde, un colloque, qu’il parle, il doit être rémunéré. Personne n’aurait à l’idée de faire un festival aux Francofolies à La Rochelle sans rémunérer les artistes qui s’y produisent. Lorsqu’un auteur se produit, il doit être rémunéré.La question est plus complexe pour les librairies qui n’ont pas aujourd’hui les moyens de rémunérer les auteurs pour des interventions et ce sont des questions qu’il faut poser petit à petit, mais sur les festivals, je crois que l’enjeu est important.

Il y a un autre point qui dans notre pays n’est pas populaire et suscite souvent les débats : celui des rencontres payantes. Je ne vois pas pourquoi, lorsque nous venons écouter un auteur, nous ne le payons pas ? Je ne comprends pas. Lorsque nous venons passer une heure et demie avec un auteur qui donne de son temps pour nous offrir de la culture, de la connaissance, de l’histoire, de l’humour parfois, nous devons le rétribuer ! Lorsqu’un festival comptabilise 1 200 personnes grâce à la présence d’Erri De Luca, je n’arrive pas à croire que le nombre de spectateurs baisserait si l’entrée était à 5 €. Je n’arrive d’autant pas à le croire qu’à la Villa Gillet à Lyon, l’ensemble des rencontres sont payantes et que les jauges sont pleines. Il y a un véritable enjeu à creuser sur cette question-là spécifique, le grand public doit prendre en charge, pour sa part, une partie de la rémunération des auteurs autrement qu’en droits d’auteur.

La question de la rémunération en droits d’auteur et les questions que vous avez évoquées dans la table ronde précédente sont extrêmement techniques. J’ai la même feuille de route que Nicolas Georges, une concertation va être mise en place, j’en ai eu l’assurance cet après-midi même. Il faudra voir quel est son périmètre. Et sans doute, les auteurs de l’écrit parmi les auteurs sont ceux qui font le moins de bruit à leur détriment. Cette concertation a été faite à ce stade sans que le ministère de la Culture y soit associé et puisse y associer les professions du livre. Un dernier enjeu essentiel sur lequel je voudrais revenir est celui du droit d’auteur, qui fait que vous avez le droit de percevoir une rémunération juste et équitable de votre création, ce sont les termes. Je plaide pour que les auteurs français se structurent plus et mieux, l’enjeu est d’autant plus essentiel que la commission européenne dans sa grande sagesse a décidé d’ouvrir ce chantier. Je ne dis pas que c’est une mauvaise décision, mais dans un environnement numérique, il va être difficile de défendre le droit d’auteur à la française, tel qu’il a été construit progressivement dans l’héritage de Gutenberg. Nous sommes dans un monde complètement différent, alors peut-être faut-il prévoir des adaptations à l’environnement dans lequel nous sommes ? J’ai dit peut-être, mais je n’en suis pas sûr. Quoi qu’il en soit, ça ne peut pas se faire au détriment des auteurs ni sans les auteurs. La commission européenne va ouvrir ce débat. Aujourd’hui, la SGDL, la Sofia, le SNE, le CNL ont participé à un livre blanc sur le droit d’auteur dont nous n’avons pas ou plus du tout de nouvelles, il a disparu. Sans aucun doute ses conclusions n’étaient pas en accord avec des conclusions antérieures et déjà prises.

Premier combat, il faut demander la publication de ce livre blanc, il faut exiger la publication de ce livre blanc, il a été fait, nous y avons répondu, nous devons avoir un retour sur ce travail.
Deuxième combat, il ne faut pas laisser faire une technostructure dont nous savons tous qu’elle est plutôt d’obédience libérale sans intervenir avant. L’Union européenne a cet avantage réel, c’est que lorsque les citoyens s’en mêlent, les choses bougent. Mais uniquement lorsque les citoyens s’en mêlent avant, parce que les 3/4 des décisions de l’Union européenne sont prises sans l’intervention des citoyens. Le dernier exemple en date d’une intervention citoyenne qui a pesé dans la négociation du traité transatlantique de commerce entre les États-Unis et l’Union européenne, est celle des auteurs du cinéma. S’ils ne s’étaient pas mêlés avec force par le biais de pétitions, de déplacements à Bruxelles, de sollicitations du commissaire José Manuel Baroso, il n’est pas certain que l’exception culturelle aurait été maintenue dans cet accord. Or l’exception culturelle, nous pensons souvent dans le livre que cela ne nous concerne pas, c’est faux ! L’exception culturelle nous concerne directement puisque la loi de 1981 de Jack Lang n’est possible que parce qu’il y a une exception culturelle dans ce pays et cela nous concerne tous. Aujourd’hui, l’enjeu est celui de Bruxelles, c’est pour cela que le CNL a créé le premier réseau des Centres nationaux du livre européen afin de porter cet enjeu à Bruxelles, puisque c’est un point sur lequel nous sommes à peu près tous d’accord hormis les pays nordiques. Sinon, nous verrons un détricotage complet du droit d’auteur. Je peux déjà écrire la copie, tout sera mis au bénéfice du consommateur considéré comme une espèce de licorne qu’il faut absolument préserver dans l’espace de l’Union européenne, mais le consommateur est avant tout un citoyen. Et donc, il faut lui rappeler qu’il y a des modes de rémunérations de la création qui sont essentielles, et non, la création ne peut pas être gratuite et instantanée. Cela ne veut pas dire qu’il ne doit pas y avoir du gratuit, cela ne veut pas dire qu’il ne doit pas y avoir d’offres légales à des prix raisonnables, mais tout ne peut pas être gratuit. L’enjeu est fondamental parce que nous sommes très mal organisés alors qu’Amazon, Google, Apple, ont des équipes entières de lobbying à Bruxelles qui sont payées à faire du lobbying sans interruption auprès de l’Union européenne, de façon à obtenir un détricotage du droit d’auteur qui aille dans leur sens. Or, nous l’avons vu avec l’arrivée de Netflix en France, lorsqu’un état ou la commission européenne sont suffisamment forts pour maintenir leurs lois de protection et les imposer à ces géants de l’Internet, ils cèdent. Et aucun géant d’Internet ne peut se priver d’un marché de 560 millions de consommateurs. S’il y a des règles, s’il y a des règlements, si ce sont les règles et les règlements que nous avons définis ensemble, si le droit d’auteur et sa protection sont les règles, alors, ces acteurs-là viendront faire du commerce avec nous selon nos règles.

En m’éloignant un peu, il en va de même pour l’optimisation fiscale : l’enjeu de la fiscalité de ces acteurs est majeur. Comment voulez-vous que les éditeurs qui payent une fiscalité normale dans leurs pays puissent jouer à armes égales avec des entreprises qui en jouant sur les règles de l’Union européenne sortent du droit commun et de la fiscalité normale à laquelle ils devraient être assujettis ? C’est un des enjeux majeurs y compris pour financer la création. Dans un monde idéal, j’envisage très bien une fiscalité européenne sur ces « gafna » : Google, Amazon, Facebook, Netflix et Apple qui serviraient à rémunérer la création. S’il y a une fiscalité spécifique par pays cela rendrait impossible la rémunération des auteurs puisqu’ils installeraient leurs activités là où la fiscalité serait la plus intéressante. Faisons en sorte que cette fiscalité soit européenne et qu’elle serve à rémunérer la création comme on l’a toujours fait avec Sofia, avec les SPRD (Société de perception et de répartition des droits), une rémunération collective de la création.

J’insiste sur ce point parce que ça va se passer dans les deux ans qui viennent. C’est le commissaire européen chargé des questions du numérique qui a récupéré la question du droit d’auteur, ce qui est un signe en soi et ce n’est pas un excellent signe. Si ce commissaire a fait une déclaration pour dire que dans deux ans il aboutirait à une modernisation du droit d’auteur, c’est maintenant qu’il faut se mobiliser, c’est maintenant qu’il faut aller à Bruxelles, c’est maintenant qu’il faut dire que cette modernisation du droit d’auteur ne peut se faire sans les auteurs. C’est un enjeu capital, parce que sinon tout ce dont vous avez parlé pendant deux jours sur la fiscalité…, s’il n’y a plus de droits d’auteur, tout cela n’existe plus. Nous connaissons les pratiques, il y aura une pseudo-rémunération de la création, mais il n’y aura plus de protection des oeuvres, il y aura un nombre d’exceptions au droit d’auteur absolument incommensurables et c’est déjà en cours avec des discussions notamment à l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle), sur ces sujets. Ces enjeux-là, c’est aujourd’hui, c’est maintenant et c’est dans les deux ans qui viennent, c’est très court pour peser et pour faire quelque chose. Je ne veux pas être excessivement pessimiste, ce n’est pas le but de mon propos. Nous avons décidé de financer une étude sur les revenus des auteurs qui sera conduite par le service du livre et de la lecture au ministère de la Culture afin que les auteurs aient enfin une vision exhaustive de leurs revenus, affiliés et assujettis. Cette vision exhaustive de leurs revenus qui sera complétée par les études régionales qui, elles, s’intéresseront plus spécifiquement aux revenus complémentaires ; cela permettra aux auteurs d’arriver enfin devant les pouvoirs publics avec des données, des chiffres pour défendre leurs justes droits à la rémunération de leurs créations. Ces enjeux-là sont au coeur aujourd’hui du débat que nous devons avoir avec l’Union européenne. Il y a un European Creator Congress qui n’est pas encore assez structuré pour peser, alors qu’il devrait être un outil qui pèse à Bruxelles. Il existe une fédération européenne des éditeurs, elle a quatre permanents, le seul Google en a 27. L’enjeu est là. Le European Creator Congress est représenté par un mi-temps et, pour les libraires, il y a une collaboratrice à temps plein et un mi-temps, donc la structuration est plus que nécessaire aujourd’hui.

Parce que l’enjeu auquel nous avons à faire face est certes celui de la rémunération des auteurs, mais bien au-delà, l’enjeu fondamental auquel nous avons à faire face est le maintien purement et simplement d’une rémunération de la création. Je vous remercie.

 

 

 

0
0
0
s2sdefault