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Alain Absire, écrivain, Président de la Société des Gens de Lettres

Aujourd’hui, pouvons-nous raisonnablement penser vivre de notre seule écriture ? Être écrivain, traducteur, scénariste ou auteur multimédia, est-ce un métier envisageable, ou bien cela doit-il rester une activité annexe ?

Pour répondre à une telle question, revenons d’emblée sur cette notion fondamentale de « Auteurs de l’écrit » qui nous rassemble à la Société des Gens de lettres.

En réalité, ce terme générique recouvre deux données…

Il se réfère à la vocation de notre Association et à la réalité socio-culturelle dont elle est le reflet. Certes, la Société des Gens de Lettres, première association d'auteurs en France, défend les intérêts des auteurs de livres qui y sont majoritaires (c'est le cas de 70% de ses membres), mais aussi ceux les scénaristes de télévision et de cinéma, des auteurs du multimédia, et des auteurs radiophoniques.

Ensuite, ce terme recoupe l’unicité de notre métier d’auteur… Rappelons à cette occasion que les déclarations de droits que nous remplissons en février additionnent bel et bien tous nos droits d’auteurs, quelle que soit leur origine (livre, presse, théâtre, cinéma et audiovisuel, etc.) et que c’est le total de ces droits qui détermine pour l’année courante le montant de la cotisation retraite dans la limite du plafond. C’est aussi ce total qui servira plus tard à déterminer notre pension de retraite par addition de nos meilleures années…

Pourquoi sommes-nous contraints de nous demander si écrire peut être un métier ?

Face à une paupérisation que, dans sa mission d’aide d’urgence et d’assistance sociale, la Société des Gens de Lettres ne cesse de voir progresser, choisir comme thématique « Le Statut social des auteurs de l’écrit », c’est avant tout décider d’informer l’ensemble de notre communauté sur nos droits sociaux et sur les sources de revenus complémentaires dont nous pouvons bénéficier. Oui, sachons précisément ce qui nous revient, dans le système qui régit la société française.
Sachons quelles règles il nous incombe d’observer pour profiter des avantages que nous, créateurs de l’écrit, avons réussi, non sans difficultés, à arracher au fil des années. Conjointement, sachons mesurer le devoir de solidarité sociale qui nous incombe au coeur d’un système de redistribution, équilibré mais fragile, où l’assistance ne peut tomber du ciel sans que chacun ait conscience de son implication personnelle.

Un choix courageux qui ne va pas sans risques…

Manque d’informations sur notre couverture sociale, revenus perçus insuffisants, retraite inexistante faute d’affiliation à l’AGESSA, nouveau système de retraite complémentaire issu du droit de prêt en bibliothèque mal compris… Ne nous y trompons pas : être auteur de l’écrit est un choix courageux qui ne va sans risques. Nous en voyons tant, parmi nous, exposés à des difficultés passagères qui les empêchent d’écrire, ou pire encore : confrontés à des situations matérielles et humaines dramatiques !

C’est dans ce contexte que, la Société des Gens De Lettres donne la parole aux meilleurs spécialistes : écrivains-témoins, sociologues, responsables de sociétés de perception et de redistribution de droits d’auteur, responsables et élus des caisses de retraite de base et de retraite complémentaire des écrivains et traducteurs, professionnels de l’action sociale et représentants des structures d’aide à la création
mises en place par l’Etat etc. À partir de cas concrets, tous témoignent de ce qui est possible, et de ce qui reste obligatoire, pour nous préserver. Tous nous disent quelles erreurs éviter pour ne pas nous retrouver un jour dans une situation d’extrême précarité.

Face à un contexte où tant d’auteurs manquent de repères, et où les prises de conscience trop tardives s’avèrent souvent catastrophiques, il était impératif de nous situer nous-mêmes, et de savoir quelles initiatives il est urgent que nous prenions. Gardons à l’esprit que, si l’artiste n’a pas pour vocation d’être en permanence une charge pour la collectivité, il n’en reste pas moins que seules des conditions de vie et une sécurité honorables lui permettent d’exercer son art librement, et de participer activement aux loisirs et au développement de la société dans laquelle il vit et à laquelle et à laquelle il permet de progresser.

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