Depuis 2022, la Société des Gens de Lettres (SGDL) est mobilisée contre le phénomène de concentrations horizontale et verticale à l’œuvre dans le secteur du livre, qui représente une menace pour la diversité éditoriale, la liberté d'expression et de création des auteurs, le respect de la pluralité des opinions et des imaginaires, la qualité du débat démocratique.

 

La SGDL s’est ainsi portée tiers intéressée auprès de la Commission européenne lors de l’opération de rachat du groupe Hachette par Vivendi, ce qui a permis d’obliger Vincent Bolloré à revendre, en 2023, le groupe Édits et d’éviter qu’il ne se trouve en position dominante. Pour faire entendre ses positions et ses propositions, la SGDL est aussi intervenue dans le cadre de la Commission d’enquête sur la concentration dans les médias organisée par le Sénat en 2022, ainsi qu’à l’occasion des États Généraux de l’information organisés en 2023.

Deux événements survenus récemment nous alertent et nous confortent dans l’idée qu’il est urgent de poursuivre et renforcer cette mobilisation :

La Commission européenne vient d’autoriser le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, propriétaire de nombreux médias, du groupe d’édition Édits et principal actionnaire (28,5%) du groupe Fnac-Darty à prendre le contrôle majoritaire de la Fnac.

Dans le même temps, le groupe Lagardère, contrôlé par Vincent Bolloré (propriétaire du groupe d’édition Hachette) vient d’annoncer que les libraires de l’enseigne Relay de la gare de Lyon à Paris perdront la possibilité de composer librement l’assortiment des livres présentés.

Afin de lutter contre ces phénomènes de concentration dans le secteur du livre, la Société des Gens de Lettres a formulé et réitère les trois propositions qu’elle porte depuis quatre ans auprès du Gouvernement et des parlementaires :

• Création d’une « clause de confiance » qui permettrait aux auteurs de rompre leur contrat d’édition lorsqu’un changement d’orientation de la politique éditoriale de leur éditeur porte atteinte à leurs intérêts moraux ou économiques. Des négociations sont en cours sur ce sujet avec les organisations représentatives de l’édition (SNE, FEDEI, SEA) et pourraient permettre d’envisager une évolution législative en ce sens.

• Limitation de la durée de cession des droits dans le contrat d’édition, permettant à l’auteur de renégocier périodiquement les conditions de ces cessions ou de reprendre ses droits. Le Syndicat national de l’édition refuse à ce stade toute évolution de la durée légale des cessions des droits, alors que dans la pratique un certain nombre d'éditeurs appliquent déjà une durée de cession limitée dans le temps.

• Élargissement du périmètre de la « loi anti-concentration dans les médias » de 1986 pour y intégrer le secteur de l’édition de livres. Le ministère de la Culture s’est malheureusement jusqu’à présent refusé à examiner sérieusement cette proposition. La SGDL appelle donc le Premier Ministre à se saisir de cette question.

 

Communiqué de presse SGDL  du 22/10/2026