Présentation

Missions

La Société des Gens de Lettres a pour vocation la promotion du droit d’auteur et la défense des intérêts des auteurs.

Elle veille ainsi à la préservation du droit moral et des droits patrimoniaux de tous les auteurs de l'écrit (écrivains, essayistes, traducteurs…), que l’écriture soit ou non leur activité première, quel que soit le mode de diffusion de leur œuvre et quelles que soient les sociétés de gestion dont ils peuvent par ailleurs être membres (SOFIA, SACEM, SACD, SCAM…). Elle travaille également à l’amélioration du statut juridique et social de tous les auteurs.

La SGDL est ainsi à l’origine des principales innovations juridiques, sociales ou culturelles qui ont permis la protection des intérêts des auteurs (sécurité sociale, retraite complémentaire, revenus accessoires, droit de prêt en bibliothèque…) et plus récemment l’adaptation du contrat d’édition à l’ère du numérique.

La SGDL représente plus de 6 000 auteurs de l’écrit qui élisent chaque année parmi leurs sociétaires un Comité de 24 membres.

La SGDL est aujourd’hui présente sur tous les grands dossiers qui concernent les œuvres et les droits des auteurs : politique nationale et européenne en faveur du droit d’auteur, modifications législatives du code de la propriété intellectuelle, développement du marché du numérique, avenir du droit d’auteur... Pour ce faire, elle  entretient un dialogue permanent avec les représentants du secteur du livre (éditeurs, librairies, bibliothécaires…) et les pouvoirs publics.

Acteur engagé au sein du Conseil permanent des écrivains (CPE), la SGDL siège également au conseil d’administration des principales institutions du livre (Centre national du livre, SOFIA, CFC, AGESSA, RAAP…) pour y faire entendre la voix des auteurs. Elle est présente dans toutes les organisations nationales et internationales qui travaillent en permanence à la défense des auteurs et à l'unification des systèmes juridiques (CSPLA, EWC…).

La SGDL est une institution privée reconnue d’utilité publique.

La SGDL a vocation à recevoir des dons et des legs grâce auxquels elle peut apporter aux auteurs un soutien individuel (juridique, social ou fiscal), un éventuel soutien judiciaire et doter l’ensemble de ses prix littéraires de printemps et d'automne.

La SGDL propose également un service de dépôt physique ou numérique des œuvres qui en protége et préserve le contenu et constitue une preuve d'antériorité en cas d’utilisation illégale ou de plagiat.
Forte d'une tradition de plus d'un siècle et demi, la SGDL s'attache à la promotion du patrimoine littéraire, à la défense de la langue française et de la liberté de création et poursuit activement les échanges culturels avec les autres pays.

Plaquette de l'Hôtel de Massa

Histoire

C’est en 1834 que Balzac lance l'idée d'une société des romanciers, il est le véritable fondateur de la Société des Gens de Lettres, même s’il n’adhère que six mois après sa création. L’idée sera reprise par Louis Desnoyers, directeur du journal le Siècle et éditeur d’Alexandre Dumas en feuilleton, c’est chez lui que se réunira le premier groupe d’écrivains.

Au XIXe siècle, les romanciers étaient très mal défendus, et les feuilletons parisiens étaient reproduits sans autorisation et sans droits dans les journaux de province. C’est le succès phénoménal du roman-feuilleton, qui a perduré jusqu’au XXe siècle qui a nécessité l'organisation d'une société de perception.

Fondée finalement en 1838 par quatre-vingt-cinq écrivains, parmi lesquels Honoré de Balzac, Victor Hugo, George Sand, Théophile Gautier ou Alexandre Dumas (aucun d’eux n’a encore atteint quarante ans !), la Société des Gens de Lettres a donc pour but, à l’origine, de recueillir et de répartir les droits générés par les romans-feuilletons parus dans la presse. Par son adhésion, chaque auteur abandonnait ses droits à la Société, pour la durée de sa vie, et pour les laisser exploiter en commun dans la presse francophone. La Société jouait donc le rôle d'agent auprès des journaux qui avaient conclu des contrats avec elle. L’auteur pouvait choisir de ne pas déposer certaines œuvres à la SGDL, dans ce cas, la reproduction était interdite dans les journaux abonnés à la SGDL, c'est-à-dire la plupart des grands journaux publiant les feuilletons. Chaque mois, la SGDL communiquait la liste des romans que les journaux pouvaient publier et la liste des romans interdits de reproduction. Si un auteur traitait directement avec des journaux, derrière le dos de la SGDL, il était mis à l’amende, et exclu en cas de récidive. Toute démission devait être autorisée par le Comité. En cas d'exclusion ou de démission, l'auteur risquait de perdre tout ou partie des droits reversés, puisque les traités étaient conclus avec la SGDL.

La SGDL fonctionnait grâce aux retenues sur ces droits sur les reproductions dans la presse, bien entendu, et non sur l'édition en livre. C'était le plus souvent par l'action de la SGDL que de jeunes auteurs parvenaient à trouver de nombreuses publications dans les journaux. En échange, la SGDL proposait aux auteurs une protection contre la contrefaçon (fréquente à l'époque), une pension (les écrivains ne touchaient pas de retraite), un secours ou des avances sur droit en cas de difficulté, un soutien juridique…

La SGDL a été reconnue d’utilité publique en 1891.

Au fur et à mesure de l’évolution des techniques, la Société des Gens de Lettres a ajouté les répertoires cinématographique, radiophonique, télévisuel… Mais elle était surtout au service de ses membres par une aide sociale ou juridique, l’organisation d’un service médical et pharmaceutique indispensable en l’absence de sécurité sociale, et d’une vie culturelle et mondaine qui en faisait la vitrine de la littérature française.

Jusqu’en 1983, la SGDL a joué le rôle d’une société de perception et de répartition des droits (SPRD). Elle a créé en 1984 la SCAM (Société Civile des Auteurs Multimedia), qui gère désormais les droits des documentaristes et des auteurs de radio. La SGDL, quant à elle, s’est recentrée sur ses missions culturelles, juridiques et sociales et reste, depuis l’origine, à la pointe de la réflexion nationale et internationale sur le droit d’auteur.

En 2015, la SGDL a créé BALZAC, le répertoire des auteurs et de leurs ayants droit.

 

 

 

Les présidents par nom

 

PrésidentsMandats
ABOUT Edmond 1877-1880
1881-1884 
ABSIRE Alain 2002-2006
2006-2010
AICARD Jean  1894
ALTAROCHE 1874
ARAGO François  1840-1844
BALZAC Honoré de  1839-1840
BAUDIN Pierre  1913
BAUER Gérard  1947-1948
BEDEL Maurice  1948-1949
BENOIT Pierre  1929-1930
BILLETDOUX François  1982-1986
BOISSIEU Arthur de  1873
BOLOGNE Jean Claude 2010-2014
BORNIER Henri de  1889-1890
CAZAUX Yves  1974-1977
CHABANNES Jacques  1962-1965
CHALLAMEL Augustin  1872-1873
CHATEAUREYNAUD Georges-Olivier  2000-2002
CLARETI Jules  1885-1888
COUPRY François  1996-2000
DECOIN Didier  1978-1979
1987-1989 
DECOURCELLE Pierre  1916-1917
DEFORGES Régine  1989-1992
DESCAVES Pierre  1950-1952
DESNOYERS Louis  1848-1852
DIDELOT Francis  1959-1962
DOUMIC René  1910-1913
DUHAMEL Georges  1936
DUMAYET Pierre  1986-1987
ESME Jean d'  1955-1957
ESTAUNIE Edouard  1926-1929
FEVAL Paul  1865-1868
1874-1876 
FOURNEL Paul  1992-1996
GANDON Yves  1957-1959
GONZALES Emmanuel  1864-1865
GOZLAN Léon  1856
GREGH Fernand  1949-1950
HAMEL Ernest  1890-1891
HARAUCOURT Edmond  1920-1922
HERMANT Abel  1902-1903
HERVIEU Paul  1900-1902
HOUSSAYE Arsène  1884-1885
HOUSSAYE Henry  1896-1899
HUGO Victor  1840
LE GOFFIC Charles  1922-1923
LECOMTE Georges  1908-1910
1913-1916
1917-1920
1923-1926 
LESPES Léo  1872
LYAUTEY Pierre  1965-1966
MARBO Camille  1937-1938
1946-1947 
MARGUERITTE Victor  1906-1908
MARTIN Henri  1880-1881
MASSON Michel  1856-1857
MAURIAC François  1932-1933
MOUSSET Paul  1966-1968
1979-1982 
MULLER Eugène  1873-1874
MUSSET Paul de  1868
1876-1877 
PREVOST Marcel  1899-1900
1903-1906 
RAGEOT Gaston  1930-1932
1933-1936 
ROUSSELOT Jean  1971-1974
1977-1978 
SAINTINE Xavier  1855-1856
SALVANDY Narcisse de  1847-1848
SCHOLL Aurélien  1894-1895
SIMON Jules  1868-1869
SOREL Jean-Albert  1968-1971
TAILLANDIER François 2006
THEURIET André  1888-1889
THIERRY Edouard  1860-1861
THOMAS Frédéric  1869-1872
VALOIS Charles  1872
VIALAR Paul  1952-1955
VIENNET Jean-Pons  1844-1847
VIGNAUD Jean  1936-1937
1938-1946 
VILLEMAIN Abel-François  1837-1839
WEY Francis  1852-1855
1857-1860
1861-1864
ZACCONE Pierre  1872,1873
ZOLA Emile  1891-1894
1895-1896 

Les présidents par ordre chronologique

MandatsPrésidents
1837-1839 VILLEMAIN Abel-François
1839-1840 BALZAC Honoré de
1840 HUGO Victor
1840-1844 ARAGO François
1844-1847 VIENNET Jean-Pons
1847-1848 SALVANDY Narcisse de
1848-1852 DESNOYERS Louis
1852-1855
1857-1860
1861-1864
WEY Francis
1855-1856 SAINTINE Xavier
1856 GOZLAN Léon
1856-1857 MASSON Michel
1860-1861 THIERRY Edouard
1864-1865 GONZALES Emmanuel
1865-1868
1874-1876
FEVAL Paul
1868
1876-1877
MUSSET Paul de
1868-1869 SIMON Jules
1869-1872 THOMAS Frédéric
1872 LESPES Léo
1872-1873 ZACCONE Pierre
1872 VALOIS Charles
1872-1873 CHALLAMEL Augustin
1873 BOISSIEU Arthur de
1873 HAMEL Ernest
1873-1874 MULLER Eugène
1874 ALTAROCHE
1877-1880
1881-1884
ABOUT Edmond
1880-1881 MARTIN Henri
1884-1885 HOUSSAYE Arsène
1885-1888 CLARETI Jules
1888-1889 THEURIET André
1889-1890 BORNIER Henri de
1890-1891 HAMEL Ernest
1891-1894
1895-1896
ZOLA Emile
1894 AICARD Jean
1894-1895 SCHOLL Aurélien
1896-1899 HOUSSAYE Henry
1899-1900
1903-1906
PREVOST Marcel
MandatsPrésidents
1900-1902 HERVIEU Paul
1902-1903 HERMANT Abel
1906-1908 MARGUERITTE Victor
1908-1910
1913-1916
1917-1920
1923-1926
LECOMTE Georges
1910-1913 DOUMIC René
1913 BAUDIN Pierre
1916-1917 DECOURCELLE Pierre
1920-1922 HARAUCOURT Edmond
1922-1923 LE GOFFIC Charles
1926-1929 ESTAUNIE Edouard
1929-1930 BENOIT Pierre
1930-1932
1933-1936
RAGEOT Gaston
1932-1933 MAURIAC François
1936 DUHAMEL Georges
1936-1937
1938-1946
VIGNAUD Jean
1937-1938
1946-1947
MARBO Camille
1947-1948 BAUER Gérard
1948-1949 BEDEL Maurice
1949-1950 GREGH Fernand
1950-1952 DESCAVES Pierre
1952-1955 VIALAR Paul
1955-1957 ESME Jean d'
1957-1959 GANDON Yves
1959-1962 DIDELOT Francis
1962-1965 CHABANNES Jacques
1965-1966 LYAUTEY Pierre
1966-1968
1979-1982
MOUSSET Paul
1968-1971 SOREL Jean-Albert
1971-1974
1977-1978
ROUSSELOT Jean
1974-1977 CAZAUX Yves
1978-1979
1987-1989
DECOIN Didier
1982-1986 BILLETDOUX François
1986-1987 DUMAYET Pierre
1989-1992 DEFORGES Régine
1992-1996 FOURNEL Paul
1996-2000 COUPRY François
2000-2002 CHATEAUREYNAUD Georges-Olivier
2002-2006 ABSIRE Alain
2006 TAILLANDIER François
2006-2010 ABSIRE Alain
2010-2014 BOLOGNE Jean Claude
2014-... SELLIER Marie

Bienfaiteurs & Donateurs

La Société des Gens de Lettres, qui n’est plus société de perception et de répartition des droits, vit essentiellement sur son fonds associatif, qui s’est constitué lentement au cours de près de deux siècles d’existence. Notre reconnaissance va à ceux qui, par des dons ou des legs, ont voulu que les auteurs dans le besoin soient secourus en cas de difficulté passagère, conseillés lorsqu’ils rencontrent des problèmes juridiques, ou que des prix, des bourses d’écriture viennent couronner leur travail.

Les quelque cent trente-sept bienfaiteurs de la SGDL ont leur nom inscrit à l’accueil de l'Hôtel de Massa. Dans les premières années de son existence, la SGDL  a surtout compté sur des parrains prestigieux, parmi lesquels se détache la figure du Baron Taylor (1789-1879), artiste, savant et écrivain, bienfaiteur de nombreuses institutions. Ami de Victor Hugo et de Dumas, dont les œuvres audacieuses ont été représentées à la Comédie française, dont il était directeur, il a été un précieux soutien à la jeune Société des Gens de Lettres. 

Parmi les plus anciens donateurs on retrouve des mécènes éclairés, issus du monde politique ou diplomatique et amis des lettres : ainsi le khédive Ismail Pacha, le prince Bonaparte ou Raymond Poincaré. Une place particulière doit cependant être réservée à  Théophile Bader  (1864-1942), président et fondateur des Galeries Lafayette ( en 1893), grâce auquel la SGDL a emménagé en 1929 à l’hôtel de Massa. 

Depuis, ce sont surtout des écrivains, ou leurs ayants droit, qui  ont fait des donations ou des legs importants. Ainsi s’est constituée l’action sociale, qui  permet à la SGDL de disposer d’une assistante sociale consacrée aux écrivains et d’attribuer des aides d’urgence.
En premier lieu, Marie (1875-1947) et Frédéric (1876-1949) Petitjean de la Rosière, plus connus sous leur pseudonyme commun, Delly. Le colonel, infirme, et sa sœur, qui s'est dévouée à le soigner toute sa vie, n’ont guère quitté Versailles et se sont consacrés à l'écriture : plus de cent romans d'amour et d'aventures publiés en trente-cinq ans, entre 1908 et 1943. Ils ont légué leurs droits à la SGDL pour les écrivains malades et nécessiteux. Aujourd’hui encore, le fonds Delly est la principale source de l'aide sociale. Associons à leur mémoire Constantin Photiadès (1883-1949), qui permet d’aider jusqu’à leur majorité les enfants d’écrivains décédés, ainsi que le legs Montpezat, ou celui que l'on doit à la poétesse Jehanne Grandjean, qui fit découvrir à la France l’art du tanka, et Hisayoshi Nagashima, qui fonda avec elle, en 1953, la Revue du tanka international.

Certains donateurs enrichissent les collections culturelles de la Société des Gens de Lettres en lui offrant une collection d’autographes, un buste, un tableau… Maurice d’Hartoy et Serge Lippmann-Dumas ont ainsi donné une large collection de documents et de souvenirs d’Alexandre Dumas père et fils, qui sont aujourd’hui en dépôt au château de Monte-Cristo.

Beaucoup ont contribué à la fondation des prix de la SGDL. Henri Bachelin (1879-1941), romancier régionaliste, prix Fémina en 1918 pour Le serviteur, a fait un legs à titre universel à la SGDL le 30 juillet 1921. Les fonds ont servi à créer un prix annuel. Magdeleine Cluzel (1900-1977), grande voyageuse, célèbre pour des récits de voyage autour du monde; Thyde Monnier (1887-1967), romancière à grand succès, auteur des sept volumes des Desmichels ; André Dubreuil (1929-2009), ont attaché leurs noms à plusieurs prix importants qui sont toujours remis. D’autres ont souhaité encourager la création par des bourses d’écriture, tel l'écrivain surréaliste Sarane Alexandrian (1927-2009) ou la poétesse Gina Chenouard (1924-2010). La bourse Alexandrian couronne une œuvre d’avant-garde et la bourse Chenouard, une œuvre poétique en cours d’écriture.

D’autres enfin ont souhaité soutenir l’action générale de la Société des Gens de Lettres sans affecter leurs legs, conscients de l’important travail juridique ou culturel qui ne passe pas nécessairement par l’attribution de prix ou d’aides sociales. Ainsi Jack Thieuloy, inventeur du vitalisme, qu'il définit comme « une vision du monde tendant à montrer que toutes les activités de l'homme et des sociétés sont le combat de l'instinct de conservation contre la mort et ses masques ». Écrivain engagé et grand voyageur, il a connu un succès immédiat avec L'Inde des grands chemins (1971) : ses romans et ses récits ont marqué les années 1980-1990 .

C’est grâce à ces bienfaiteurs et donateurs que la Société des Gens de Lettres peut poursuivre son action en toute indépendance, puisqu’elle finance ses activités sur ses fonds propres. Son rôle de médiation auprès des pouvoirs publics et des différentes instances professionnelles dans la chaîne du livre suppose une liberté de parole absolue que lui garantissent ses fonds propres. C’est pour cela qu’elle parle et agit avec pour unique souci la défense des auteurs. Cet héritage du passé se perpétue grâce à la prévoyance de plusieurs auteurs, qui ont déjà organisé leur succession dans l’idée de participer, lorsqu’ils ne seront plus là, au fonctionnement de notre société. Ils contribuent ainsi à la pérennisation de la SGDL et lui permettent d’occuper une place prépondérante au sein de l’inter profession du livre. Grâce au statut d’association reconnue d’utilité publique, les héritages dont bénéficie la SGDL sont exonérés de droits de succession. Mais au-delà de cet apport financier indispensable, l’implication de tous signifie bien que la SGDL est faite par les auteurs et pour les auteurs.

 

 

 

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