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« Cet aimable comte Marescalchi, que nous avons vu nous donner des si jolies fêtes dans sa maison des Champs-Élysées », dit de lui Stendhal...

C'est de notre hôtel qu'il est ici question. Ferdinando Marescalchi* a rang d’ambassadeur d’Italie à Paris, ce qui se résume surtout à des fonctions de représentation, l’Italie n’ayant aucune autonomie diplomatique. L’« hôtel des relations extérieures du royaume d’Italie », comme il se nomme alors, est idéalement placé, sur le chemin de Malmaison, pour accueillir l'empereur. Il devient alors un des lieux les plus brillants de la vie parisienne. Les salons ne peuvent y suffire. Il faut y adjoindre, dans les jardins, un bâtiment provisoire en bois, que ses détracteurs désigneront comme une « grange », mais somptueusement aménagé pour les fêtes. Ces deux salles, qui s’étendent de la rue des Champs-Élysées à la rue du Colisée, sont constituées de châssis couverts de toiles enduites de vernis et surmontées d’autres châssis figurant un toit d’ardoise.

 Le bal de 1808

Le bal que Constant, son valet de chambre, situe en 1808, est resté célèbre par la mésaventure de l’empereur. Pour surprendre les invités, Napoléon fait transporter le matin même dans l’appartement mis à sa disposition dix costumes complets, et se dissimule dans un vaste domino noir. Mais… il refuse de se laisser chausser, ni bien sûr, de surveiller ses attitudes, connues de toute la cour. Aussi, le premier masque avec lequel il tente de nouer une intrigue, « les mains derrière le dos, selon son habitude », lui répond en l’appelant « sire ». Même désappointement à chaque nouveau costume. En surveillant ses mains, il ne pense plus à son corps et  entre dans la salle comme dans une caserne. Il finit par quitter le bal, persuadé « que l’empereur se reconnaissait sous quelque travestissement que ce fût. »

Le mardi-gras de 1810

La duchesse d'Abrantès raconte dans ses mémoires le célèbre quadrille dansé sur une toile à carreaux figurant un jeu d’échec. Toutes les pièces sont de grands noms de l’aristocratie de l’époque. Les pions (dont la duchesse d’Abrantès) sont déguisés en momies égyptiennes, les tours en tour de Londres... Il se dit que l’empereur lui-même tient le rôle du joueur. Les souvenirs de la duchesse situent ce bal en 1810, lorsque la sœur de Napoléon, reine de Naples, est revenue à Paris. Mais peut-être faut-il attribuer ce souvenir à la fête « extrêmement brillante » du 9 février 1809, que l’empereur « daigna honorer de sa présence » et pour laquelle on orna les escaliers d’orangers et de fleurs de toute espèce !

 À la chute de l’empire, les duchés du nord de l’Italie reviennent à l’Autriche, et l’ambassade d’Italie devient pendant douze ans ambassade d’Autriche. Au comte Marescalchi succède en 1814 le baron Vincent*.

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