LOGO SGDL TV
NOUS SUIVRE

Auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, partenaires institutionnels, sociétés d'auteurs et nombre de représentants du monde du livre ont partagé, le 18 septembre, le plaisir de fêter les 180 ans de la SGDL, au service des auteurs et du livre depuis sa création en 1838.

DOS INTRO modifié 1 PUBLIC
MS DANSE DANSE
buffet BELANGE
Bal des 180 ans
Photos © François Le Guen
       SGDL 18 septembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Discours des 180 ans

Marie Sellier, présidente de la SGDL

18 septembre 2018

 

Merci, merci à vous tous d’être là ce soir,

amis auteurs sans laquelle notre association ne serait qu’une bulle dérisoire

- vous savez que vous êtes ici chez vous -,

amis partenaires des maisons d’édition, du Centre National du Livre, du ministère,

amis libraires, bibliothécaires,

amis des sociétés d’auteurs avec lesquelles nous travaillons au jour le jour,

merci d’être venus fêter avec nous un fort compagnonnage,

à l’occasion de ces 180 ans que  je souhaite placer

sous le signe de la solidarité, de l’ouverture et de la littérature.

  

Et puisqu’il s’agit d’un anniversaire,

dont nous pouvons être fiers,

permettez-moi un bref retour en arrière.

1838, la monarchie de juillet bat son plein.

Louis Philippe est sous le charme du comte de Mollé,

dont c’est le second ministère pour le moins chahuté.

Victor Hugo, Honoré de Balzac, 

Théophile Gautier, George Sand

publient à tour de bras.

Leurs feuilletons boostent les ventes des journaux

jusqu’alors réservés à une élite.

Les lecteurs les plébiscitent.

C’est formidable !

Enfin, pas vraiment !

Car tous ces grands noms sont payés avec un lance pierre,`

quand ils le sont.

La contrefaçon est pratique courante,

le plagiat aussi.

On pille l’auteur sans vergogne et sans le nommer.

La propriété littéraire, on ne connaît pas.

Alors, la moutarde monte au nez d’une poignée d’écrivains

qui décident de se regrouper afin d’obtenir des journaux oublieux

le versement de leurs droits de reproduction.

La première assemblée générale se tient le 16 avril 1838.

Des 85 pionniers, la postérité retiendra Hugo et Dumas,

et puis encore Arago et Lamenais, le théologien,

même si le véritable père fondateur

est sans doute Balzac qui avait appelé à l’union dès 1834,

mais qui n’arrive en renfort qu’à la fin de l’année.

Il est très motivé, les feuilletons, il en connaît un rayon.

Et déjà les critiques s’élèvent,

on les trouve bien matérialistes

ces auteurs qui se préoccupent plus de gros sous

que d’honneur.

A quoi Balzac rétorque que le stoïcisme a ses limites.

Il faut bien crouter, que diable.

Enfin, il le dit différemment,

Mais ça revient au même.

En 1939, c’est George Sand qui rejoint la société,

première femme et longtemps seule femme à être élue

dans cette assemblée d’hommes,

et qui va leur en faire voir de toutes les couleurs,

à ces messieurs,

en leur intentant une dizaine d’années plus tard un procès retentissant

qui faillit bien  mettre la société sur le flanc,

au motif que les sommes versées

étaient en deçà de ce qu’elle escomptait.

Mais déjà je vous sens inquiets.

Sous couvert de bal, vous dites-vous,

va-t-elle nous effeuiller, mois après mois,

l’éphéméride de 180 années ?

Quel traquenard !

Ne vous inquiétez pas, je ne détaillerai pas

par le menu les heurs et malheurs d’une association

qui vécut tous les soubresauts de la grande

comme de sa petite histoire.

Je me contenterais de rappeler que

dès l’origine, la SGDL s’organise

pour fournir un soutien juridique à ses membres écrivains,

et en l’absence de sécurité sociale,

un service médical et pharmaceutique ;

qu’elle est reconnue d’utilité publique en 1891,

et que lorsqu’elle emménage en 1929 ici-même à l’hôtel de Massa

fraîchement reconstruit pour l’accueillir  sur cette parcelle des jardins de l’Observatoire,

(vous connaissez bien entendu tous l’histoire de l’hôtel transfuge

qui quitta l’effervescence des Champs-Elysées

pour goûter le calme du quartier de Port Royal).

c’est une petite entreprise qui  tourne rond et emploie une bonne trentaine salariés.

Permettez-moi aussi de citer quelques-uns de mes illustres prédécesseurs,

Outre Hugo et Balzac déjà mentionnés, Emile Zola, Paul Féval,

 François Mauriac, Régine Deforges,

(deuxième femme à la présidence après Camille Marbo

(qui, pour la petite histoire, milite pour un domaine public payant

durant l’entre deux guerre)

et plus récemment Paul Fournel, François Coupry,

Alain Absire, François Taillandier et Jean Claude Bologne.

Et puis, je ne peux pas ne pas rappeler un autre anniversaire.

Il y a 50 ans tout juste, l’irruption ici même d’une bande de jeunes auteurs

qualifiée de « horde échevelée » par Jean Albert-Sorel, le président de l’époque,

qui flanqua le buste de Victor Hugo au piquet

et fit frémir les membres du Comité

en transformant les bureaux en dortoirs.

C’était en 68 et ces hooligans qui entendaient créer une « Union des écrivains »

dans cet hôtel, un peu rapidement qualifié « d’anciens locaux de la SGDL »

avaient pour nom Butor, Sarraute, Faye, Duras, Sartre et Beauvoir.

L’entreprise fit chou blanc.

La SGDL a été de tous les combats en faveur des auteurs.

De la création d’un système de sécurité sociale dédié

à l’élaboration d’un cadre juridique pour le livre à l’ère du numérique,

la liste est longue.

Elle a créé deux sociétés de gestion collective,

la SCAM en 1981 pour gérer les droits des auteurs radio et audiovisuels,

et la SOFIA,  dix-huit ans plus tard, pour la gestion du droit de prêt en bibliothèque,

sans jamais oublier de reconnaître et de valoriser les auteurs de son temps,

et notamment ceux qui publient leurs premiers livres,

par la remise de nombreux prix tous dotés grâce aux legs

consentis par d’autres écrivains. Belle manifestation de solidarité !

Et si aujourd’hui notre patronyme de gens de lettres fleure bon son 19ème,

ne nous y trompons pas, nous sommes résolument de notre siècle,

attentifs à tous les sujets

qui touchent de près ou de loin les auteurs du livre

en France comme à l’étranger,

et vigilants à les soutenir et les défendre

en union étroite avec nos partenaires des associations d’auteurs,

notamment dans le cadre du Conseil Permanent des Ecrivains,

et en lien avec les autres secteurs de la culture, en particulier la musique.

Nous l’avons encore vu la semaine dernière

lors d’une opération commando organisée à Strasbourg par la SACEM

pour sauver la directive droit d’auteur torpillée par les aveuglés des GAFAS.

Je le dis, je le répète, c’est la solidarité qui fait notre force.

La situation des auteurs est trop fragile, trop précaire pour nombre d’entre nous

pour que nous nous payons le luxe de la division.

Même si cela semble être dans nos gênes,

Luttons contre nos pulsions individualistes.

Nous avons des batailles à mener et à gagner

concernant notre statut social gravement ébranlé en ce moment,

et notre statut tout court dans ce contexte de surproduction affolante

qui affecte chacun d’entre nous,

et notamment les libraires qui distribuent nos œuvres,

et même les éditeurs qui ne travaillent plus que dans l’urgence.

81 000 nouveautés l’an dernier.

Comment faire face à un tel raz de marée ?

Ah non, elle ne va pas recommencer, se disent certains d’entre vous

qui regretteraient presque d’être venus !

Ne peut-elle un instant laisser au vestiaire

son ardeur militante ?

Et vous avez raison, il y a un temps pour tout.

Un temps pour les débats, un temps pour la samba.

Réjouissons-nous d’être tous réunis,

buvons, trinquons, restaurons-nous,

et dansons, dansons, sur ces parquets foulés par tant de générations,

dansons, il n’y a pas meilleur médecine à nos maux.

Saint Augustin l’écrivait déjà en son temps,

louant la danse qui  « libère l'homme de la lourdeur des choses

et lie l'individu à la communauté »,

 « la danse qui demande tout, favorise santé et clarté de l'esprit et élève l'âme. »

De cette élévation, nous avons bien besoin !

 

Historique de la SGDL

C’est en 1834 que Balzac lance l'idée d'une société des romanciers, il est le véritable fondateur de la Société des Gens de Lettres, même s’il n’adhère que six mois après sa création. L’idée sera reprise par Louis Desnoyers, directeur du journal le Siècle et éditeur d’Alexandre Dumas en feuilleton, c’est chez lui que se réunira le premier groupe d’écrivains.

Au XIXe siècle, les romanciers étaient très mal défendus, et les feuilletons parisiens étaient reproduits sans autorisation et sans droits dans les journaux de province. C’est le succès phénoménal du roman-feuilleton, qui a perduré jusqu’au XXe siècle qui a nécessité l'organisation d'une société de perception.

Fondée finalement en avril 1838 par quatre-vingt-cinq écrivains, parmi lesquels Honoré de Balzac, Victor Hugo, George Sand, Théophile Gautier ou Alexandre Dumas (aucun d’eux n’a encore atteint quarante ans !), la Société des Gens de Lettres a donc pour but, à l’origine, de recueillir et de répartir les droits générés par les romans feuilletons parus dans la presse.

 

La SGDL en actes, en quelques dates :

1975 - Participation à la création de la loi du 31 décembre sur la Sécurité sociale des écrivains (vote obtenu à l’unanimité par l’assemblée). « L’écrivain devient enfin un citoyen à part entière » se félicite la SGDL.

1977 (11 mars) - Elaboration, avec le SNE, d’un contrat-type de cession des droits d’auteurs « qui est un grand progrès et une ouverture vers une plus grand collaboration entre les écrivains et les éditeurs ».

1981 - Contribution à l’établissement du prix unique du livre définitivement porté par la loi Lang le 10 août 1981

19 mai 1981 - Création de la SCAM, (Société civile des auteurs multimédia) qui gérera, à partir de 1984, les droits des auteurs radio et audiovisuels.

1985 - Instauration d’un contrat séparé du contrat d’édition pour la cession des droits d’adaptation audiovisuelle.

1998 -  Mise en place d’une mutuelle spécifique pour les auteurs de l’écrit.

1999 - Création de la SOFIA (Société française des intérêts des auteurs de l‘écrit) qui  sera agrée en 2005 par le ministère de la Culture, pour la gestion du droit de prêt en bibliothèque.

2001 - Extension de la copie privée numérique aux supports de l’écrit.

2003 - Création d’une retraite complémentaire pour les auteurs prise en charge par la SOFIA, grâce à la loi sur le droit de prêt en bibliothèque.

2009 – Elaboration, au sein du CPE,  avec le SNE, d’un cadre juridique pour le livre numérique qui aboutit à l’Accord-cadre du 21 mars 2013 sur le contrat d’édition à l’ère numérique.

2015 - Création du répertoire national BALZAC, qui permet de référencer tous les auteurs français et leurs ayants droit.

7 juillet 2016 -  Elaboration de la loi prévoyant le régime applicable au paiement des droits d’auteur ainsi que les sanctions applicables en cas d’absence de paiement des droits (résiliation de plein droit du contrat, c’est-à-dire sans recours au juge).

29 juin 2017 - Nouvel accord interprofessionnel qui encadre les provisions pour retours et les compensations intertitres.

 

 

0
0
0
s2sdefault