Abonnements avec accès illimité : la SGDL résolument hostile

 IMG 1390

Amazon a lancé récemment un service d’abonnement baptisé Kindle Unlimited. L’accès illimité à une offre de livres pour moins de dix euros par mois implique un bouleversement des valeurs : celles du livre, de la création et donc de l’auteur. Au-delà du service d’Amazon, ces nouveaux modèles de diffusion du livre numérique inquiètent fortement la SGDL.

Les dispositifs connus d’accès illimité, testés principalement à ce jour dans le secteur de la musique, sont extrêmement peu rémunérateurs au final pour les artistes. Or, nous ne connaissons pas aujourd’hui les conditions de rémunération des éditeurs dans le cadre du service proposé par Amazon et encore moins celles des auteurs. Dans le dispositif américain, il semble, d’après un article paru dans Livres Hebdo, que « les éditeurs encaissent une vente nette, dont le montant est une fraction plus ou moins importante du prix du livre en téléchargement, lorsqu’un lecteur a lu plus de 10% de l’ouvrage ». Qu’en est-il exactement dans le modèle proposé en France ?

Si l'effet de substitution entre ventes de livres numériques à l’unité et abonnement illimité a encore aujourd’hui peu de conséquences étant donné la faible part de marché du numérique dans le secteur du livre en France, la SGDL s’inquiète fortement des incidences  de l’accès illimité au numérique sur les ventes de livres imprimés. Inquiétude qui englobe également les modèles de diffusion du livre numérique en bibliothèque actuellement proposés par les éditeurs.

Enfin se pose la question de la légalité d’une telle offre : les formules d'abonnements illimités sont-elles compatibles avec la loi sur le prix unique du livre numérique lorsqu’elles sont le fait d’un distributeur et non d’un éditeur ? Il nous semble que non.

Vincent Monadé, président du Centre National du Livre, a lui aussi repris l’ensemble de ces sujets, déclarant sur le site ActuaLitté que « dans ces modèles d'abonnement, la question de la rémunération juste et équitable des auteurs demeure prégnante » et qu’il faudrait « disposer d'une véritable étude juridique ».

Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livres, premier groupe d’édition en France, s’est déclaré lui aussi résolument opposé à ces formules illimitées, déclarant que ces modèles n’avaient aucun sens sinon celui de la destruction du modèle économique.

Au moment où la SGDL et l’ensemble des organisations d'auteurs se battent pour faire reconnaître au niveau français et européen une juste et équitable rémunération des créateurs, accepter le principe de l'offre illimitée reviendrait à nier la valeur du livre.

 

SGDL - 22/12/14

RETOUR