La traduction

Le traducteur

Introduction....

Il a été décidé de consacrer cette minute de la SGDL au traducteur. Cela peut paraître surprenant. Pourquoi cette nécessité ?

La qualité de traducteur est souvent méconnue du grand public : il faut savoir que c'est un auteur à part entière, et que de ce fait, il bénéficie d'une protection juridique qui lui est propre. Le Code de la Propriété Intellectuelle lui consacre d'ailleurs un article en affirmant cette qualité d'auteur, et l'application à son profit des règles de protection du droit d'auteur.

Cela signifie qu'il bénéficie des mêmes droits que l'auteur d'œuvre « première » : droits patrimoniaux, droit moral, dont le droit au respect de son nom, contrat d'édition signé avec un éditeur, etc.

Concernant le droit moral, par exemple, l'éditeur ne pourra pas modifier la traduction sans l'accord préalable de l'auteur, en application du droit au respect de l'œuvre. De même pour le droit au nom : le nom du traducteur doit apparaître sur tous les supports reproduisant une traduction. Et il faut le rappeler car nous notons régulièrement des oublis, notamment sur des sites d'éditeurs ou de libraires en ligne.....

La protection de la traduction s'étend jusqu'au titre. Dans les années 1950, les tribunaux avaient eu à traiter d'une affaire concernant la traduction du livre d'Emilie Brontë, Les Hauts de Hurlevent, titre créé par Frédéric Delebecque, qui n'était pas la simple traduction du titre original, mais une création originale. La reprise du titre sans autorisation préalable a été considérée comme contrefaisante.

Ne peut-il pas y avoir des conflits entre les droits sur l'œuvre première, et l'œuvre traduite ?

Des conflits, non mais effectivement, les droits de l'auteur de la traduction doivent s'exercer dans le respect des droits de l'auteur « premier ».

La traduction devra lui être soumise, à lui, à son éditeur, ou à son agent. Un tribunal a pu reconnaître qu'une mauvaise traduction pouvait porter atteinte au droit moral de l'auteur de l'œuvre traduite. Un certain contrôle s'exercera donc toujours sur sa propre création, mais uniquement en référence à l'œuvre traduite. Pour le reste, c'est bel et bien une œuvre originale.

Des usages ou des bonnes pratiques se sont-ils développés ?

Oui, les traducteurs sont regroupés notamment au sein de l'ATLF, l'Association des Traducteurs Littéraires de France, qui a pour objet de promouvoir la qualité de la profession, et de défendre les droits des traducteurs. Elle est donc un interlocuteur privilégié des éditeurs, des pouvoirs publics, et participe à l'information des traducteurs.

En 1993, l'ATLF aux côtés de la Société des Gens de Lettres (SGDL) et de la Société Française des traducteurs (SFT), a signé avec le SNE un Code des usages relatif à la traduction de littérature générale. Cela a permis de poser des règles sur le contrat, la rémunération, la mention du nom, comme il existe un Code des usages en matière de littérature générale. Ce document est consultable en ligne, sur le site de l'ATLF http://www.atlf.org/Code-des-usages-pour-la-traduction.html


© Sgdl 2010 - Texte de la "La Minute de la SGDL" sur Web TV Culture - Mag Janvier 2011