28 JUIN
2017
Léonor de Récondo et Emily Loizeau

Hôtel de Massa
 

Une manifestation proposée par la SGDL et la SOFIA

sofia  cpnoir


Mercredi 28 Juin à 20h00
Hôtel de Massa

 

Léonor de Recondo & Emily Loizeau - Paroles sur l'invisible"
Littérature et musique volume 2

 

Invitation_SGDL_SOFIA_Litterature_Musique_28juin2017_light.pdf

La Sofia et la SGDL accentuent leur soutien aux auteurs et à la création contemporaine et s’associent pour créer une nouvelle série de rencontres : Littérature & Musique.  
Deux fois par an, à l’Hôtel de Massa, elles proposeront une manifestation inédite au cours de laquelle elles convieront artistes, écrivains et musiciens pour une représentation unique qui célèbrera la littérature et ses liens avec la musique.  

Après "Deux fous du son" avec Laurent de Wilde et Arthur H en décembre 2016, 
Léonor de Récondo et Emily Loizeau, accompagnées par Csaba Palotaï (guitares) et Claire Lefilliâtre (soprano) s'accorderont sur une composition inédite "Paroles sur l'invisible".

 

 

Leonor DERECONDO E L2
 Léonor de Récondo © P/Matsas  Emily Loizeau  © Micky Clement

 

Léonor de Récondo

Léonor de Récondo, née en 1976, débute le violon à l’âge de cinq ans. Son talent précoce est rapidement remarqué, et France Télévisions lui consacre une émission alors qu’elle est adolescente. À l’âge de dix-huit ans, elle obtient du gouvernement français la bourse Lavoisier qui lui permet de partir étudier au New England Conservatory of Music (Boston/U.S.A.). Elle devient, pendant ses études, le violon solo du N.E.C. Symphony Orchestra de Boston. Trois ans plus tard, elle reçoit l’Undergraduate Diploma et rentre en France. Elle fonde alors le quatuor à cordes Arezzo et, grâce au soutien de l’association ProQuartet, se perfectionne auprès des plus grands maîtres du genre (Quatuor Amadeus, Quatuor Alban Berg). Sa curiosité la pousse ensuite à s’intéresser au baroque. Elle étudie pendant trois ans ce nouveau répertoire auprès de Sigiswald Kuijken au Conservatoire de Bruxelles.

Depuis, elle a travaillé avec les plus prestigieux ensembles baroques (Les Talens Lyriques, Le Concert d’Astrée, Les Musiciens du Louvre, Le Concert Spirituel). De 2005 à 2009, elle fait partie des musiciens permanents des Folies Françoises, un ensemble avec lequel elle explore, entre autres, le répertoire du quatuor à cordes classique. En février 2009, elle dirige l'opéra de Purcell Didon et Enée mis en scène par Jean-Paul Scarpitta à l'Opéra national de Montpellier.

Léonor de Récondo a été premier violon sous la direction de Vincent Dumestre (Le Poème Harmonique), Patrick Cohën-Akenine (Les Folies Françoises), Enrico Gatti, Ryo Terakado, Sigiswald Kuijken. Elle est lauréate du concours international de musique baroque Van Wassenaer (Hollande) en 2004.


Elle fonde en 2005 avec Cyril Auvity (ténor) L’Yriade, un ensemble de musique de chambre baroque qui se spécialise dans le répertoire oublié des cantates. Un premier disque de l’ensemble paraît chez Zig-Zag Territoires autour du mythe d’Orphée (plusieurs fois récompensé par la presse), un deuxième de cantates de Giovanni Bononcini en juillet 2010 chez Ramée, un troisième autour des Stances du Cid de Corneille mises en musique par Marc-Antoine Charpentier en février 2016 chez Glossa.

Léonor de Récondo a enregistré une quinzaine de disques (Deutsche Grammophon, Virgin, K617, Alpha, Zig-Zag Territoires) et a participé à plusieurs DVD (Musica Lucida).


En octobre 2010, elle publie La Grâce du cyprès blanc (roman) aux éditions Le temps qu'il fait et, en janvier 2012, Rêves oubliés chez Sabine Wespieser éditeur (en format poche chez Points Seuil en septembre 2013). En août 2013, Pietra Viva chez Sabine Wespieser éditeur (en format poche chez Points Seuil en janvier 2015). Amours en janvier 2015 toujours chez Sabine Wespieser éditeur (en format poche chez Points Seuil en mai 2016) qui a obtenu le Grand Prix RTL/LIRE 2015, ainsi que le Prix des Libraires 2015. En aôut 2017, Point Cardinal  chez Sabine Wespieser éditeur. Certains de ses romans sont traduits en Espagne chez Minuscula, en Italie chez Rizzoli, et en Allemagne chez Dörlemann.

 

Emily Loizeau

 

Petite, Emily trotte de Seine-Port à Londres en passant par les dunes de l’île d’Yeu (où elle apprend peu à peu la vie, les risques, l’amour, les fugues nocturnes, la bière qui mousse et les plongeons dans le port), écoute avec ses parents de la musique classique, Brassens aussi, Nina Simone, Barbara et Bob Dylan, rêve de devenir archéologue-pianiste, essaie de faire du feu avec des silex et des bouts de bois, et apprend le piano – c’est plus simple. (Elle abandonnera la voie rigide sur le tabouret à cause d’une vieille chèvre de prof qui l’humiliera en public lors d’un concours, après un simple trou de mémoire. Qu’on la laisse tranquille. Le piano doit être un ami plutôt qu’un maître.) Elle se disperse et scintille à Paris, attrape tout ce qui passe, puis s’enracine en Ardèche, absorbe immobile ce qui l’entoure, la terre et les arbres, l’eau, le vent (un peu de poésie ne fait pas de mal, ça ferait plaisir à papa). Bref. Elle évolue, se forme, hésite, attend sous un saule pleureur, change, avance, se fabrique lentement. Et la voilà.

Elle s’est transformée maintenant en une créature de musique, de voix et de gestes. Elle a chanté les mères instables et les orages, les messages qui se perdent, les oiseaux et les tigres, le bout du monde ; elle a interprété Lou Reed avec plus de force et de sensibilité que Lou Reed (qu’on me jette des cailloux, je m’en fous, j’écris ce que je veux) ; elle s’est installée au 104, à Paris, et y a joué Mona. Avant, elle m’avait fait lire un texte, l’histoire d’une jeune mère à la maternité et de son bébé vieux, qui fait sa vie en quelques jours, une petite fille qui se ride, souffre, devient insupportable et meurt. (Cette histoire évoque discrètement sa mère marteau, je crois. Non pas en maman mais en bébé, en vieille fillette imprévisible et douloureuse, qui claque comme les petites bandelettes pétards dans les bonbons papillotes.) Elle ne savait pas trop quoi en faire, de ce qu’elle avait écrit. Je lui ai donné des conseils idiots, de type qui ne voit que le texte. Et puis la créature a fait son boulot, elle a métamorphosé ses phrases en pièce musicale, en moment de grâce sur scène, en heure et demie de déséquilibre troublant (ou si on veut, au contraire, d’équilibre – c’est pile entre les deux qu’est la grâce). A la sidération de celle qui accouche d’une petite vieille, à son inquiétude et sa mélancolie ensuite face à Mona, ce bébé-mère qui s’use vite et sombre, elle a ajouté une guerre ancienne, un soldat, marin égaré loin de chez lui (c’est son grand-père, Jeremy), une femme enceinte qui l’attend et un cuirassé qui coule, pour que les naufrages de l’amour, de l’âge et de la guerre s’entrelacent. Et aujourd’hui, c’est un album. Mais les images et les gestes de la scène ont infusé dans la musique, dans la voix d’Emily surtout.

Je suis malheureusement (ça ne peut pas tomber plus mal) le plus mauvais critique musical, et sans doute critique tout court, de l’hémisphère nord. Mais je peux parler de la voix d’Emily – ce n’est pas de la musique, c’est de la vie. Je ne peux pas la décrire (décidément, j’ai peu de potentiel), mais je peux évoquer au moins l’effet qu’elle produit sur l’individu sensible à l’écoute (moi). Sa voix fait l’effet du whisky – du bon, du fort. C’est (pour retenter un petit coup de poésie en hommage à son père Pierre) de la lumière sombre qui entre doucement dans le corps, qui s’y glisse et s’y installe. Dorée, chaude, un peu inquiétante. Qui désaxe et rassure en même temps ; qui donne l’impression paradoxale d’être à la fois indestructible, soudain, enfin, et vulnérable – humain. De la lumière sombre, sonore, profonde, qui fait du bien à l’intérieur. Ce qui n’est pas du luxe.

 Philippe Jaenada

 Claire Lefilliâtre

 

Passionnée par le chant et l'expression baroque Claire Lefilliâtre se forme auprès d’Alain Buet et Valérie Guillorit (pour le chant), Eugène Green et Benjamin Lazar (pour la déclamation et la gestuelle baroque), Agnès de Brunhoff (pour la technique Alexander appliquée au chant et le travail du corps en scène) et est amenée à effectuer un travail personnel sur l'interprétation des musiques françaises et italiennes du XVII° siècle.

Parmi les ensembles avec lesquels elle collabore régulièrement, outre Le Poème Harmonique, citons Les Nouveaux Caractères, La Fenice ou récemment l'orchestre russe Pratum Integrum avec lequel elle a donné un somptueux récital Rameau au Théâtre du Bolchoï de Moscou.

Depuis 1999, elle est l'une des interprètes principales des productions du Poème Harmonique que dirige Vincent Dumestre. Sa participation au sein de cet ensemble (tant dans les enregistrements que dans les concerts) est régulièrement saluée par la presse.

Claire Lefilliâtre est aussi invité dans d'autres productions prestigieuses, avec des participations remarquées dans La Clemenza di Tito (rôle d'Annio) à l'Opéra de Rouen sous la direction de Jérémie Rhorer et dans une mise en scène d'Alain Garichot en 2008 ; L'Orfeo de Monteverdi (rôles de La Musica et de La Messagiera) avec Akadêmia et Françoise Lasserre à la Cité de la musique et à Dehli en Inde en 2013 ; Riccardo Primo de Händel (rôle de Pulcheria) au Händel Festspiel de Karlsruhe en Allemagne en 2014 puis 2015, aux côtés de Franco Fagioli, sous la direction de Michael Hofstetter et dans une mise en scène de Benjamin Lazar.

 

 

 

 

Entrée libre dans la limite des places disponibles

SGDL, 38 rue du Faubourg-Saint-Jacques, 75014 Paris.

Réservation indispensable : www.litteratureetmusique.fr    - tél : 01 53 10 12 07

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