Les Prix de traduction
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Le Grand Prix SGDL de Traduction 2011
Françoise Brun
Grand Prix de traduction SGDL pour l’ensemble de l’oeuvre à l’occasion de la publication de D’Acier, de Silvia Avallone (Liana Levi) et Ils ont tous raison de Paolo Sorrentino (Albin Michel)
Le jury du Grand Prix SGDL de Traduction a été attribué à Françoise Brun pour l’ensemble de son travail exemplaire de traductrice.
Le roman de la jeune Silvia Avallone, qui est un premier livre d’une exceptionnelle maturité, met en scène les destins parallèles de deux très jeunes fi lles vivant, de nos jours, dans la ville de Piombino, en face de l’île d’Elbe, qui est le siège d’une énorme aciérie naguère très prospère mais désormais en déclin. Dans ce monde très particulier où tout est de près ou de loin conditionné par les hauts-fourneaux, ce que l’on voit, c’est la vie au quotidien, non pas misérable, mais médiocre et diffi cile, dans cette Italie industrielle à cent lieues des clichés touristiques, et dont les personnages, chacun à leur manière, tentent de s’échapper. Et le talent de la romancière, remarquablement servi par la traduction, éclate notamment dans les nombreux dialogues qui recréent la réalité d’un contexte social très actuel, d’une intense vérité.
Le premier roman du cinéaste Paolo Sorrentino s’attache pour sa part à un personnage haut en couleurs, chanteur à succès dans une Italie dominée par l’argent et les paillettes du show biz, où tout est factice et frelaté. C’est pourquoi, profitant d’une tournée, il s’exile au Brésil où il passe une vingtaine d’années, avant qu’un puissant industriel devenu politicien ne le décide à revenir au pays. Mais ce qu’il retrouve est pire qu’avant son départ. Il est remarquable de voir comment l’écriture très contrôlée de la première est capable de trouver, dans la traduction, un ton d’un naturel extraordinairement actuel, sensible en particulier à travers les diverses nuances caractérisant les générations qui se croisent et s’opposent dans le roman. A l’extrême opposé, le long monologue du chanteur cocaïnomane, d’une verve torrentielle et parfois un peu lourde, truffée de jeux de mots, d’allusions salaces et d’emprunts aux divers sabirs du monde du spectacle, dresse un panorama hilarant, d’une vulgarité dévastatrice. Avoir été capable de rendre, avec la même exactitude, la même rigueur, la même pertinence, deux univers linguistiques aussi différents est un tour de force, mais cela n’étonnera pas ceux qui connaissent et apprécient aussi le travail que Françoise Brun a fait, par exemple, sur les romans d’Alessandro Baricco, de Rosetta Loy, de Pier Maria Pasinetti ou d’Aldo Busi.
Mario Fusco
Traducteur, membre du jury
Le Prix Maurice- Edgar Coindreau 2011
Ce prix, crée en 1981 par la société des amis de Maurice-Edgar
Coindreau et la Société des Gens de Lettres, qui le dotent à part égale, récompense chaque année une traduction littéraire de l’américain (fiction, poésie, essai).
Le jury 2011 était composé des traducteurs : Anne Damour, Marc Chénetier, Bernard Hoepffner, Michel Lederer, Catherine Martin-Zay, Marie-Claude Peugeot (secrétaire du prix), Jean-Pierre Richard, Anne Wicke et de l’écrivain administrateur de la SGDL, Georges-Olivier Châteaureynaud.
Jacques Mailhos
Prix Maurice-Edgar Coindreau 2011
pour sa traduction de Désert solitaire de Edward Abbey (éditions Gailmeister, collection nature writing)