Offrez des livres en chocolat

Sommaire

Offrez des livres en chocolat

Ce qu'il faut retenir de 2011

Les auteurs qui ont rejoint la SGDL

Les Prix de traduction

Palmarès des Grands Prix d'Automne

Les services de la SGDL

Création du Prix du premier recueil de nouvelles

Deux nouveaux partenariats avec les Théâtres La Criée et Le Lucernaire

Une Saison de Nobel à l'hotel de Massa

Publication de La Lettre de la SGDL










 

 

 

 

 

 

 

 

Offrez des livres en chocolat 

 

Pour Noël, nous apprend une enquête récente (cabinet Deloitte), les Français espèrent recevoir des livres (42 %), en deuxième position juste après… de l’argent (43 %). Mais ils recevront… du chocolat (57 % des intentions de cadeaux), le livre arrivant en dixième position (31 %). Ne voyons en cela que la bonne nouvelle : le livre-papier reste une valeur sûre, loin devant les tablettes numériques (14 % des souhaits, 9 % des intentions de cadeaux).


Et dans la hotte de l’auteur, quels seront les cadeaux préférés ? Nous avons voulu procéder dans cette lettre à un bilan circonstancié de 2011. Au tableau d’honneur, quelques belles avancées. En priorité, la circulaire interministérielle sur les activités accessoires, adoptée en février après trois ans de discussions : elle nous permet d’augmenter la part de nos revenus déclarés en droits d’auteur et d’atteindre plus facilement le seuil d’affiliation à l’AGESSA. En mai, la loi sur le prix unique du livre numérique a inscrit dans le Code de la propriété intellectuelle la nécessité d’une rémunération « juste et équitable ». En juin le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique a constitué une commission pour examiner l’adaptation de ce Code au numérique. La SGDL a participé activement à ces travaux, qui se clôtureront le 19 janvier. A l’heure actuelle (14 décembre), nous pouvons espérer des avancées significatives dans nos négociations avec les éditeurs, même si, sur des points importants, il reste des divergences irréductibles. Signe non négligeable d’une volonté d’apaisement : l’instance de liaison constituée en 2010 entre la SGDL et le SNE a publié un premier document commun rappelant les principes de base de la reddition des comptes. Il permettra aux auteurs de faire valoir leurs droits en pleine connaissance de cause.


Saluons aussi le vote par le Sénat, le 9 décembre, de la proposition de loi sur les livres indisponibles. Ce projet du ministère de la Culture a été étudié de près, durant dix-huit mois, en collaboration avec la SGDL pour y faire entendre la voix des auteurs. À la différence de projets similaires, il vise à une numérisation quasi exhaustive des livres indisponibles du XXe siècle, assortie d’une rémunération des ayants droit. Les fonds publics y participeront sous forme de prêt via le « Grand emprunt ». La gestion collective paritaire de ce dispositif, pour laquelle nous demandons l’agrément de la SOFIA, nous garantira un contrôle sur l’utilisation de ces oeuvres.


Bonne nouvelle aussi pour une grande partie des auteurs : la mise en place d’une formation continue attendue depuis dix ans par les scénaristes, les auteurs jeunesse, les traducteurs… Si certains secteurs se sont sentis moins concernés, ils se sont montrés solidaires, à la condition, bien entendu, qu’ils puissent y faire eux aussi valoir leurs droits et que les nouvelles cotisations ne soient pas écrasantes. Certaines garanties nous ont été fournies, mais il faudra rester vigilants sur leur respect. Certes, notre enthousiasme a été refroidi par les mesures d’austérité annoncées à la fi n de l’année. Le relèvement de l’assiette de calcul de la CSG et de la CRDS (98 % des revenus) nous touchera comme l’ensemble du monde du travail. Le passage de la TVA de 5,5 à 7 % nous concernera doublement puisqu’il s’applique à la fois sur le prix du livre et sur les droits d’auteur. Pour amortir l’effet de ces augmentations, nous avons demandé, parmi les mesures d’accompagnement, que le différentiel de 0.8 % dont nous bénéficions sur la TVA frappant les droits d’auteur soit au moins porté à 1 %. La suggestion n’a semble-t-il pas été retenue.


Toutes nos demandes n’aboutissent pas. Mais elles érodent peu à peu la vieille idée qui fait de l’auteur, au bout de la chaîne du livre, une variable d’ajustement. Pour que notre voix se fasse entendre, il est d’autant plus nécessaire d’être forts, et nombreux. Notre priorité, et la vôtre, dans cette année 2012, sera de grossir nos rangs pour mieux affronter, tous ensemble, les combats de demain, avec des forces vives et renouvelées. Si vous êtes attachés à nos valeurs, parlez-en autour de vous, et nous serons toujours là pour les défendre.


Voilà mes voeux pour la Société des Gens de Lettres au seuil de 2012 ; et pour tous ses membres, une année de bonheur, de santé, de création, et de livres, en papier ou en chocolat.

Jean Claude Bologne